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Un nouveau printemps à Loëx

C’est le printemps. Nous revoilà chez mémé. Même toi qui me lis à l’autre bout de la France, tu la connais ma mémé. Je t’en ai parlé toute l’année dernière lors de la préparation du mariage. Nous avions célébré notre « yellow wedding » chez elle, planté nos tournesols sous sa houlette et dans sa serre, recyclé les vielles planches de son garage pour en faire des tables, peint de notre logo sur son vieux hangar et mangé son lapin/vermicelle le midi. Mais ma mémé elle est partie depuis, à Noël… peut être pour que l’on soit tous réunis. On lui a fait des câlins, elle nous a sorti encore quelques belles phrases bien à elle, nous a parlé une dernière fois de ces géraniums et de sa pâte feuilletée puis elle est partie. Elle avait marié ses trois petits enfants, avait attendu le retour de sa grande partie faire le tour du monde, sa fille à la retraite; à 90 ans parait-il qu’elle pouvait partir.

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Alors nous revoilà à Loëx. On a commencé les semis mémé, dans les caisses de pépé. On a mis les petits bouts de pots dedans comme tu nous as appris. J’ai brassé la terre. J’ai essayé de faire ça bien, mais l’année dernière je te faisais déjà rire. Je n’ai pas trouvé ta planchette pour faire les sillons. J’en ai pris une autre. Mais je la chercherai ta planchette multifonction. Tu as bien dû rire mémé en nous voyant faire les semis, toi qui a fait ça toute ta vie.  On a fait ça un peu au feeling, avec les graines que tu nous avais laissées. Mais on y a mis beaucoup d’amour. Ça devrait compenser. On a beaucoup d’ambition pour ton potager avec maman. Sans doute un peu trop. Mais on s’appliquera et on sera en famille dans l’aventure. Les gamins dans ton jardin ou à la ferme, les joues pleines de terre, les cheveux qui sentent le purin. Tu aimais les voir débarquer tes mimis. Ils parlent souvent de toi, avec la simplicité crue des enfants : « elle est où mémé ? » demande à chaque fois YogiBaby, « Elle est morte. » répondent simplement son frère et sa sœur.

Moi, je suis dans le déni. Je te cherche des petits souvenirs au Sri Lanka. Je te compte quand je veux mettre la table chez Mamita. Je mets de côté des choses à raccommoder. Je le sais bien que tu es partie. Mais tu nous as tant donné. Alors tu seras toujours à mes côtés. Dans mes décisions (« c’est toi qui vois »), dans ma manière de faire (« ha…tu fais comme ça toi ? »), jusqu’au balancement de mes fesses quand je préparerai les épinards de ton jardin avec ton hachoir. « Tu es là » comme dirait YogiNenette en mettant la main sur sa poitrine.

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On va s’appliquer mémé. Pour ton potager. Pour refaire des rissoles, des bricelets, des flechnacks et du lapin/vermicelle (et grâce à toi Google va devoir chercher ce que les mots rissoles, bricelets et flechnacks veulent dire) . Ne te moque pas trop. Bien que tu aurais le droit. On s’est tellement moque de toi, de tes bobs Renault et de ta tête de caboche.

La relève de ce côté là est assurée. Pour le reste on y travail sur deux générations. C’est promis.

Je t’aime ma mémé.

Shivamama

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2 Commentaires

  • zozo rare 7 août 2017 at 14 h 13 min

    Tu m’auras fais monter les larmes… peut être parce que je vis à 7000km de ma mamy qui me manque terriblement…

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  • Cruzita 7 août 2017 at 19 h 49 min

    Sublime hommage tout en pudeur et douceur. On ne peut que s’imaginer la mémé fantastique qu’elle est

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