pollution

Respires !

Depuis vendredi dernier et un appel téléphonique magique qu’il faudra que je vous raconte, j’ai la méga opportunité de faire un remplacement de maîtresse dans une classe de CP.

Me voilà qui débarque, mon petit trieur sous le bras, dans la classe qui deviendra la mienne, face à 27 paires d’yeux prêts à me manger. Alors je pourrais vous parler de mon extinction de voix, de mon manque cruel d’autorité, de la différentiation que je me prends en pleine poire. Oui je vous en parlerais. Avec plaisir. Parce que je suis crevée, en manque de solution mais que je veux y retourner et que, préparant le concours pour être maîtresse c’est bon signe.

Mais aujourd’hui je vous parlerais d’autre chose. D’une chose qu’en temps normal je sais mais que je ne vois pas; à laquelle je ne prête pas attention mais qui depuis vendredi vient me gifler en pleine gueule. Le petit drapeau rouge de la cour; celui qui indique aux enfants que pendant les récréations, aujourd’hui encore, ils ne pourront pas courir. Ces masques que j’accroche derrière la tête de mes zouaves d’élèves. Ces mots d’absences qui excusent les plus asthmatiques d’entre eux. Nous sommes en alerte pollution; comme une bonne partie de l’hiver. Beaucoup d’entre vous, en me lisant, se diront « ho crotte, elle habite Paris… la pauvre ». Non non. J’habite aux pieds des montagnes, dans les alpes. Mes belles montagnes. L’air pur de la montagne. J’habite dans la vallée, celle qui mène à l’Italie, celle qui retient la pollution de tous les camions qui empruntent le tunnel du mont-blanc. Pollution qui empêche mes élèves de courir dans la cour. J’habite dans la région la plus polluée de France. J’élève mes enfants au milieu de tout ça. Mais on ne dit rien, parce que c’est aussi la région la plus touristique d’Europe nous dit-on; alors ça ferait tâche sur la carte postale.

Cette semaine j’ai accroché des masques anti-pollutions à des enfants de 6 ans. C’est des visages d’enfants à la Hannibal Lecter qui sont descendus dans la cour. C’était d’une violence sans nom. Ça, je l’ai vu; contrairement à ce vilain nuage plein de particules fines. Leurs petits yeux derrières les masques, je les ai vus. Le drapeau rouge flottera tout l’hiver.

À partager les yogis. Pour nos enfants.

Shivamama

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1 Commentaire

  • troha 7 août 2017 at 23 h 57 min

    Je lisais ton article sur la parentalité positive *** puis en parcourant ton site je reconnais Sallanches !! J y vis également et je fulmine contre cette pollution devastatrice, la plupart du temps invisible, elle nous ronge petit à petit. Mon fils rentre à l école en septembre…Ravie de te lire davantage, belle surprise!! Merci clémence monnet pour ce partage …

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