maitresse

Petit papa Noël : Je veux devenir maicresse !

Voilà un bout de temps que je veux changer de boulot. 5 ans en faite. Depuis l’arrivée de YogiBoy. Davantage depuis YogiNenette. Urgemment depuis YogiBaby. Je suis webdesigner et on ne peut pas dire que reprendre à mi-temps m’ait exalté. Non pas que la séparation d’avec mes enfants soit trop dure (non, non je fais partie de ces mauvaises mères à qui ça fait du bien, bien que point trop n’en faut) mais parce que… Ben… faire un beau site pour vendre des yaourts… Ben… ça ne me fait plus trop vibrer. La tronche de dépressive de ma chef ne m’exalte plus tant. Non, moi ce que je veux c’est travailler avec les enfants. Je suis une maman « activité ». J’adore ça ! Peinture, bricolage, fabrication, cuisine, apprentissage, découverte. J’adore ! Trouver des trucs et astuces pour palier à leurs difficultés, leur apprendre des chansons, comment on fait les yaourts (encore ceux là), écrire des mots, répondre à leurs questions, visiter des grottes, peindre avec les pieds. J’avais bien en tête le métier de maîtresse mais il faut un master. Je n’ai qu’une licence. Alors j’arrête d’y penser. Je me penche sur un projet de « café-parents » pour proposer des activités aux enfants les mercredis et samedis pendant que papa et maman brunchent à côté. Mais je me rends compte que 90% du boulot sera de laver des tasses et des tables, taper des additions et faire de la compta. Non… ce que je veux c’est être avec les enfants. Tout le temps. Qu’ils m’épuisent eux, pas l’administratif ni les à côtés.

Fin août, le mariage approchant et sentant que j’allais peut-être m’ennuyer après ces 5 mois marathon de wedding-préparation je me suis repenchée sur le projet « maicresse ». J’ai commencé à en parler déjà. À mon mari (ouiiiii parce que c’est mon mari maintenant hihihihi) qui m’a dit « mais carrément ! » Puis à des copines qui m’ont dit « mais trooooooop » après quelques verres de mojito. J’ai senti dans leur retour que l’idée n’était pas si farfelue et qu’ils me voyaient bien dans cette branche. Ça n’a choqué quasiment personne. C’était rassurant. Oui mais… je n’avais toujours qu’un bac+3. Et là arrive la petite sœur d’une copine maîtresse de son état, qui en quelques mots a fait basculer la balance : « non mais avec trois enfants, tu es dispensée de diplôme ». QUOI ?! À ce moment j’ai eu envie de l’embrasser, de serrer ma dernière dans mes bras et d’aller checker la sage femme qui m’a mal installé mon stérilet. Alors ma reconversion ne pourrait tenir que de ça ? D’un petit bout de rousse derrière un Mirena ?

crpe-reconversion-maman

Non en faite ma reconversion ne tient pas qu’à ça. Dommage parce que je trouvais que j’avais fait du bon boulot. Non ma reconversion tient en un p* de concours. Le CRPE (concours de recrutement de professeurs des écoles). Une sorte de graal. Des épreuves écrites de français et de maths. Puis, si tu as la chance d’être retenu, des épreuves orales (connaissance du système éducatif, EPS et présentation d’un dossier professionnel). Vous connaissez l’histoire : j’ai commencé à bosser seule dans ma chambre, avec des bouquins achetés sur le bon coin, puis le hasard de la vie m’a fait changer de conseillère pôle emploi, conseillère qui s’est battue pour me faire financer une formation de gue-din. Depuis octobre je suis la tête dans le guidon. À ingurgiter une tonne d’informations. J’en rêve la nuit, j’en cerne le jour. Le premier qui me dit « ho Ben ça va… c’est niveau 3em » je lui brise la nuque avec mes cours de didactique et je lui fourre ma grammaire dans le sillon rectal. C’est dur. C’est intense. Et j’ai bien de la chance d’avoir une famille qui supporte ce régime totalitaire (bon il faut dire que PapaFakir m’en doit une bonne après ses 4 mois de formation me laissant seule avec trois enfants de 3 ans, 1 ans et 3 mois). Mais quand ma dernière raconte à la crèche que sa maman elle est « maicresse »… je n’ai juste pas le droit d’échouer. Pour elle, pour moi, pour nous.

Cette année (merci les élections) il y a encore plus d’ouvertures de poste. C’est l’année ou jamais pour obtenir le concours. J’ai eu un financement quasiment impossible à avoir sans en faire la demande, un poste de remplaçante pendant deux semaines sans rien demander (je vous raconte ça très vite),  un tuteur pour mon dossier professionnel alors qu’ils n’en avaient plus. 4 mois que la vie m’offre tout sur un plateau (sauf la grammaire… vraiment). J’ai une chance incroyable. Je ne peux pas croire qu’elle me propose tout ça pour rien. Enfin… j’ai envie d’y croire. Alors je bosse. Les bases de trois, les adjectifs épithètes, la course d’orientation, la laïcité à l’école, la démarche d’investigation en sciences. Il faut que je me donne les moyens d’avoir ce concours. En septembre je veux ma classe. Celle de petite section. Celle avec tous les enfants qui chialent de 8h30 à 15h45. Je veux moucher des nez et faire des pauses pipis. Je veux les voir percuter quand ils comprennent ce que veux dire « un », reconnaître leur prénom sur leur étiquette, me raconter leur week-end « parce que ma mémééééé elle m’a fait des crêpes et elle met du chocolaaaat dedans »). Petit papa Noël : Je veux devenir maicresse !

Joyeux Noël les yogis. Que les fêtes vous apportent vos rêves les plus fous !

Shivamama

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1 Commentaire

  • zozo rare 7 août 2017 at 3 h 39 min

    j’ai découvert ton blog avec l’article sur l’éducation positive qui m’a fait beaucoup rire… je m’y suis bien retrouvée.
    Moi aussi maman de 3 monstres et moi aussi maîcresse 😉
    Alors ce concours? un poste pour septembre?
    Au plaisir de te lire.

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