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Celle qui ne mangeait plus

Il y a les gloutons, les fins gourmets, les appétits d’oiseau, les trieurs, les pinailleurs et il y a ceux qui ne mangent pas. C’est sur ces derniers que portera mon article de cette semaine. Vous comprendrez bien que sur trois enfants, j’ai l’honneur d’en avoir au moins un qui a le don de te pourrir le moment du repas. Et l’heureux élu, que dis-je l’heureuSE éluE est (roulement de mixeur) : YogiNenette !

Cette douce et charmante enfant peut mettre à peu près 27 heures et 43 minutes pour s’enfiler 9 petits pois. Il faut dire que petite déjà, elle nous avait annoncé la couleur. À l’heure de la diversification alimentaire, elle n’a jamais voulu de mes compotes et autres purées maison. Non, YogiNenette, elle, ce qu’elle voulait, c’est manger toute seule… à 6 mois ! Alors j’ai vite arrêté de me prendre la tête, j’avais un peu un « grand » de 2 ans à peine à m’occuper aussi et une grossesse à mener. J’ai cuit les légumes et les fruits hyper fondants et en gros morceaux. Je lui posais à même la tablette et elle bectait toute seule. Premier challenge : réussi !

Elle a rapidement pris la cuillère, puis la fourchette. C’est un peu sa philosophie générale (« comment ça marche ? Fais voir ? Ok c’est bon je me démerde, dégages »). Puis vain les 3 ans… Shiva tout puissant ! Comme je regrette le temps des légumes archi cuits en gros morceaux. C’est d’ailleurs les légumes qui posent problème depuis le début de l’année.

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Déjà quand tu entreprends, discrètement, de couper ton poireau ou ta pauvre aubergine dans ta (putain) de cuisine ouverte, elle pose puzzle ou crayons pour venir te questionner. « On mange quoiiiii? » toutes couettes rousses en l’air. Tu annonces, en mettant les formes, façon Christian Constant, l’accent chantant (alors que tu es savoyarde) le menu. Là, trois fois sur quatre, il se passe un phénomène étrange. Un truc que même les frères Bogdanof n’ont pas encore élucidé. Ses jambes se dérobent. Le mouvement exacte c’est : menton qui bascule en l’air, le bras ballant et la jambe molle pour finir en serpillère dans ta cuisine. Tu connais ? Ça s’accompagne souvent d’un chouinement plutôt virulent relatant l’injustice de la vie et de la mère à cuisiner de pareil légumes. Bref… je finis de cuisiner avec ma serpillère qui chouine.

J’arrive pourtant à l’impliquer facilement dans l’acte d’achat des légumes. En lui faisant choisir, peser. Puis dans la cuisine où elle prend plaisir à touiller, laver et en foutre partout. Nous cuisinons d’ailleurs beaucoup, on adore ça. On fait des recettes, on utilise des épices d’ici, d’ailleurs. On cuisine le monde et le terroir, la junkfood et le gastro-bistrot. Mais ça ne suffit pas. Arrive la moment fatidique (ha tu croyais que c’était l’épisode de la serpillère vénère tétraplégique le pire ?). Arrive le moment du repas.

Elle récupère son assiette à la cuisine, elle a trouvé un brin de tonus. S’installe à table et décrète, l’épaule à raz les genoux : « j’aiiiiiiiime pââââââââââââs » (très important le circonflexe, à prendre en compte dans l’intonation). Là commence la galère. On le sait, elle aura la vivacité d’une limace tout le repas, tirera une tronche de boudin pas très frais tout le repas. Elle va trier, elle va chouiner, elle va refaire la serpillère et elle va rechouiner. On va passer aux fromages (sans elle). Elle va hurler (j’ai au moins réussi son éducation de ce coté là, elle adore le fromages qui déchausse les dents). Puis nous passerons au dessert. Elle va re-hurlé. Elle finira par emboiter le pas de son frère et de sa soeur, qui eux ont fini leur repas, direction le dodo. Elle a le ventre vide. Bouuuuuh la mauvaise mère. Cela dit, vous verriez sa bonne paire de joue, vous vous inquiéteriez déjà moins.

La première fois que j’ai fais ça, c’était pour YogiBoy. J’ai tellement culpabilisé que je l’ai réveillé à 23h pour lui donner un biberon. Échec total ! Mais globalement YogiBoy mange plutôt bien. YogiNenette… ça m’émeut déjà un peu moins de la faire sortir de table sans qu’elle n’est touchée un gramme de ses courgettes. Elle connait les règles : on goutte, on mange une quantité raisonnable, on n’est jamais obligé de finir son assiette, on mange en priorité les légumes. Mais elle est tellement têtue, que par fierté elle ne changera pas d’avis. Pour l’instant on en est là… Pas glorieux hein ?!

Certain repas, ce passe néanmoins très bien. Les pâtes, les pommes de terre en tout genre, la viande, le poisson, les œufs passent évidement très bien. Mais il y a quelques surprises aussi. Elle adore les brocolis et les betteraves et tolère plutôt bien les légumes crues. Bref… YogiNenette est un mystère en soit.

Je n’ai pas encore trouvé la solution, le bon canal pour gérer les repas de ma rousse number one. Et au vu des whatsapps de ma cousine au bout du roul’ (spécialiste des roux également), il me semble que je ne suis pas la seule mère en galère sur les coups de midi et de 19h. Vous jugerez peut-être mes méthodes un peu dures. Mais je ne conçois pas la voir se baffrer de gargonzola picanto alors qu’elle n’a pas avalé un seul légume. J’estime qu’un régime féculent/bidoche/fromage/fruit n’est pas très équilibré pour une enfant de 3 ans. Cela dit… une enfant le ventre vide, n’est pas plus en meilleur santé. Mais ho… ce ne serait pas de la culpabilité ça, Shivamama ? Ou alors un questionnement sans fin de mère en panne de solutions et de repères ?

Bref… Elle ne mange pas ses légumes et je galère. Alors j’ouvre grand mon blog et mes oreilles et attend avec impatience, vos trucs et astuces, principes éducatifs, recettes et témoignages.

Bon brocolis les yogis, à la semaine prochaine,

Shivamama

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9 Commentaires

  • Mamé Catherine 5 octobre 2016 at 14 h 51 min

    Je suppose que tu as déjà tenté toutes les formes de galettes de légumes mélangés à de la patate ou des graigraines liés à l’oeuf.
    C’est coloré, rigolo, ça fait mauvaise bouffe et dans l’urgence avec les mains ça passe. 😉

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    • Shivamama 6 octobre 2016 at 18 h 12 min

      Galette, crêpe, brick, cake, muffin, madeleine, boulette. C’est certain ça passe beaucoup mieux. C’est toujours la bonne technique 😉

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  • Del 6 octobre 2016 at 14 h 50 min

    C’est marrant, ici aussi les brocolis ont la place d’honneur, je comprends absolument pas pourquoi mais du coup ils en ont au moins une fois par semaine.
    Mon grand était assez difficile de 2 à 6 ans. Je sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais il s’est découvert une passion pour la soupe carotte patate (en plus de la tarte aux brocolis). Donc j’arrive à lui faire manger des légumes de cette façon. Des fois (souvent…) je triche, je rajoute un oignon ou un poireau, je dis que c’est de la carotte alors que c’est de la courge. Une fois j’ai fais une tarte aux courgettes que j’ai fait passer pour une tarte aux brocolis, elle était super bonne jusqu’à ce que j’avoue la supercherie, là elle est devenue immangeable.
    Bref, faut pas lacher le morceau, et oui il faut goûter à tout!

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    • Shivamama 6 octobre 2016 at 18 h 13 min

      C’est la méthode du mytho que Gaëlle nous donnait sur facebook. C’est génial! Jouons sur les mots, les couleurs et les saveurs. On les aura 😉

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  • Ariane 8 août 2017 at 23 h 58 min

    C’est peut-être du passé maintenant, mais, déjà elle aime le brocoli et les légumes crus, je crois que c’est la meilleure façon de les manger, pour ceux qui sont comestibles crus. Sinon y a la façon chinoise, genre shop-suey, les légumes restent croquants, on peut manger les haricots avec les doigts comme des frites, et même pas besoin de tricher en les dissimulant

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  • Happy Mom 9 août 2017 at 9 h 27 min

    Ici aussi la galère avec mon monstre coquilletovore/petitsuissovore de 2 ans. Et j’en ai qu’un à gérer!! Alors parfois oui il mange un fruit avant le reste voire même une compote ou un yaourt. J’essaie de ne pas rester bloquée sur les conventions des repas « a la francaise » (Et c’est une mama cuisto qui dit ça). Parfois il mange en 2 fois (il fini par avoir faim… ou alors dîner à 19h30 c’est pas son heure… va savoir). Quoi qu’il en soit… Et si YogiNenette aime manger dans le désordre des quantités raisonnables de ce qu’elle préfère ou un peu plus tard… Est-ce que les 2 autres miniyogi en seraient tout chamboulés?
    En alternance avec de fourbes galettes masquant monstres poireaux et courgettes… Ça pourrait d’alléger un peu certains repas.
    Aller courage le prochain repas est dans 3h!

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  • Nini 11 août 2017 at 14 h 33 min

    Mon grand de maintenant 4 ans et demi n’était pas difficile…. Jusqu’à ce qu’il mange à la cantine…! Il fait comme les autres enfants qui n’aiment pas ci et ça…
    « On mange quoi? » je sais que ça va chouiner direct…
    On essaie d’être bienveillant (merci pour cet article hihi), on essaie de se tenir à une règle mais on n’y arrive pas… Alors on s’adapte.
    Par moment, il va aimer tel ou tel légume et par moment il ne va pas aimer (Il préfère les brocolis de la cantine… J’ai demandé comment ils les cuisinaient : « Juste à la vapeur » et bien ce n’est toujours pas pareil à la maison!)
    Quand il n’aime pas du tout, je lui demande de gouter. Je lui explique que les goûts changent et de ce côté là j’ai réussi car parfois il me dit « hey maman, j’aime bien finalement! ».
    (Je n’ai jamais réussi à manger du fromage de chèvre mais je goute de temps en temps tout de même et un jour j’ai réussi à en manger après 33 ans… c’est magique!)
    Parfois c’est l’effet inverse, un légume qu’il aimait bien qu’il n’aime plus…
    Quand il ne finit pas son assiette, on lui dit qu’il n’aura pas de dessert (oui oui car parfois il est tellement pressé de manger le dessert qu’il dit qu’il n’a plus fin alors qu’il a mangé que 3 bouchées!). Parfois non car j’ai eu la main lourde ou que je reconnais que ce n’est pas bon (oui oui je ne suis pas une chef cuistot!).

    Si Yoginenette mange tout de même un peu de légumes, mentir pour leur bien c’est déjà pas mal!
    Courage!

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  • Marine 15 août 2017 at 21 h 00 min

    Ici, c’est moi qui ne mangeais pas… Tout allait bien jusqu’à mes 3 ans, où mon petit frère est arrivé à peine un an après ma petite soeur (ce schéma ne te rappelle-t-il rien ??). Alors mon père a essayé toutes les méthodes pour me faire manger. Rien ! À peine un yaourt par jour. Jusqu’à ce qu’il me prépare des plats nourrissants ET sucrés (ma faiblesse) : crêpes, gaufres, beignets… Ce n’est pas tout à fait la même chose que Yoginenette qui semble surtout refuser les légumes mais je crois que chaque enfant a des phases dans sa façon de se nourrir. Mon 2ème mangeait très bien jusqu’à ce printemps où il a décrété qu’il n’aimait plus les légumes (c’est bête quand même, au printemps et en été, c’est là qu’on trouve les meilleurs légumes ! ). La 3 ème aimait de tout sauf qu’elle vient de rentrer dans sa période carnivore ! Du coup, elle boude même les pâtes ! Si si !
    Je crois aussi que l’éducation que l’on donne à nos enfants ne porte pas toujours ses fruits tout de suite. Qu’en continuant à leur inculquer qu’il faut manger de tout y compris ces affreuses choses vertes, ils auront conscience de l’importance de la nutrition en grandissant (je suis optimiste de nature ! )
    Courage ! Surtout à 12h et 19h ! :)

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  • christine 19 août 2017 at 13 h 12 min

    Aie aie aie, c’est compliqué le langage au fond. car des fois les changements de « goût » sont si innattendus et insensés que je me demande si ça c’est pas une forme de langage qui se développe « à l’insu du plein gré » de l’enfant. Ouais ouais je sais qu’il faut pas couper les cheveux en quatre et qu’on va pas faire des psychanalyses pour chaque oignon qui ne passe pas… Mais tout de même, en fonction du contexte et de ce qui travaille un peu nos enfants profondément, manger et ne pas manger, de ci ou de ça… ça remplace le langage parfois. J’ai remarqué chez ma fille,qui est du genre plutot bien gloutonne et qui, parfois « n’aiiiiime pÂAAAs »…. En vrai, je fonctionne pareil (on goute, on mange une quantité raisonnable ou pas… mais y’a pas d’autre menu… Et surtout, si on n’a pas fini les légumes, on ne se ressert de rien d’autre). Et si elle laisse, si elle s’entête à ne pas manger, je ne me formalise pas qu’elle finisse le ventre vide (car franchement elle a des reserves). Avouons qu’elle est trop gourmante pour s’y tenir deux repas de suite d’ailleurs. Mais parfois elle s’entête vraiment… et ça se débloque avec les mots.
    En fait, je reviens à ce que je disais : on a vécu le phénomène inverse pendant une période : elle ne voulait pas s’arrêter de manger. Alors je peux vous dire que là où l’on vit (on habite en Turquie et mon mari est turc), donner à manger (à un enfant ou à quiconque) ça équivaut littéralement à lui donner tout son amour (je n’invente rien, ce n’est pas de l’analyse à deux sous, les femmes vous le disent sans sourciller)… Les femmes n’arrêtent pas, les grand-mères n’en parlons pas… Même à l’école maternelle, les cuisinières et les maitresses étaient trop contente de la reservir… C’est vraiment problématique aussi. Bref, quand je voyais ma fille qui exagèrait, forcément, moi je stoppais et il y avait toujours quelqu’un pour lui en redonner (si on etait dans la belle famille surtout) en me fusillant comme si j’étais une nazi. même mon mari a mis du temps à comprendre que c’était pas une bonne idée de la laisser manger plus que nous!!!
    Bref, tout ça pour dire qu’à un moment donné, j’ai bien dû passer par un autre canal pour essayer de comprendre et de réguler cette situation… Et c’est là que les représentations interviennent, qu’on le veuille ou non.
    Au bout de quelques échanges, j’ai compris que ma fille ne s’arrêtait pas tant qu’elle ne sentait pas un « mal au ventre »… et on a eu une discussion sur ce que ça signifie être rassasié, comment on sent si on a assez mangé etc… Donc les questions techniques et mécaniq ues et toutes les représentations imaginaire sur le corps… Mais aussi surtout,on a parlé de ce que ça signifie manger et ne pas manger… pour qui on mange… à qui ça fait plaisir blablabla… Et au final, il y a des limites, comme toujours, que l’enfant vient tester, et ses peurs j’imagine… sur sa place, notre amour etc…
    Bon j’en sais rien, c’est peut-être un hasard mais depuis, la question est vraiment réglée.
    Donc, parfois, j’y crois pas trop à ces seules « etiquettes » de catégorisations définitives « bon mangeur, faible mangeur » etc… Etr en même temps, c’ets vrai que c’est pas non plus la peine de faire une analyse familiale pour des carottes et des oignons!!!

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